Une occasion (à ne pas rater) de repositionner le nationalisme et la souveraineté
Depuis plusieurs années, de manière stable et constante, l’idée de la souveraineté obtient entre 40 et 50 % d’appui chez la population. Après l’élection de 2007, même si certains commentateurs fédéralistes diront le contraire, force est de constater que cette idée est toujours très vivante. L’arrivée de Québec solidaire, un nouveau parti souverainiste, a fait mal au PQ dans une multitude de comtés en récoltant plusieurs milliers de votes du côté gauche. De plus, l’ADQ, avec sa position autonomiste, a réussi à incarner chez plusieurs électeurs cette troisième voie nationaliste et pragmatique qu’a empruntée dans la passé autant René Lévesque que Robert Bourassa. Finalement, malgré ses modestes résultats, il faut dire que le PQ continue d’attirer une base importante de l’électorat. La plus grande constatation à faire face à cette nouvelle donne: le PQ n’a plus le monopole du nationalisme et de la souveraineté.
Reformer la coalition centre gauche autour d’un vrai projet de société
Dans ce contexte de nouvelle «concurrence», les souverainistes (probablement réunis autour du PQ qui demeure la meilleure alternative) doivent travailler positivement et de manière constructive afin de reformer et de réformer la coalition souverainiste. Cette coalition de centre gauche doit se tisser tout d’abord autour d’un réel projet de société placer au centre de la démarche. Ce projet de société doit nommer très directement les outils dont nous avons besoin (plein contrôle de notre fiscalité, de notre immigration, de nos politiques environnementales...) pour assurer l’épanouissement de la société québécoise. Il doit aussi mettre en relief les valeurs propres aux québécois qui devront être au centre de la redéfinition du projet de souverainiste. Entre autres enjeux, la justice sociale et ses enjeux intergénérationnels; l’environnement et ses choix énergétiques, l’économie et ses choix stratégiques, structurants et déterminants; la santé et les solutions au choc démographique, devront être expliqués et replacés dans un contexte d’indépendance en présentant les nombreux avantages de la souveraineté voire même les solutions à ses inconvénients.
Surtout, il faut arrêter de mettre la charrue avant les boeufs en associant souveraineté et référendum. À force de faire cette association et en parlant sans cesse de mécanique, on oublie l’essentiel : définir le projet. Le référendum n’est pas le projet.
Démasquer le nationaliste... de droite contraire aux valeurs fondamentales du Québec et ne pas laisser le vide se combler
Avec un nouveau joueur qui se dit autonomiste-nationaliste, il est bien important de démontrer que les objectifs de l’ADQ sont irréconcilliables avec les valeurs défendues par les Québécoise au cours des dernières décennies. Le projet de l’ADQ n’est pas en phase, on le verra à moyen terme, avec les aspirations du peuple québécoise. En fait, on peut même parler d’opportunisme politique, de dpopulisme et de clientélisme dans le cas de Mario Dumont, qui a su canaliser, au gré de ses prises de position changeantes, le mécontentement de la population.
Son programme est dramatiquement vide notamment en culture, en environnement et en éducation. On n’a qu’à penser à sa volonté de réduire les services au citoyens ou à sa volonté d’abolir les commissions scolaires pour s’en convaincre. L’ADQ valorise la liberté et la responsabilité individuelles au détriment de la responsabilité commune. L’ADQ ne travaille en rien pour la défense de valeurs collectives et la recherche du bien commun. Il appert qu’à moyen terme, les «nationalistes errants» ne se reconnaîtront pas dans le projet Dumont.
Revenir à un projet fort basé sur des valeurs fortes et du contenu
On le voit, il est impératif que les souverainistes reprendre le momentum de la situation. Devant un contenant sans contenu, l’ADQ, et les libéraux déconnectés,« il faut proposer des idées. La nature a horreur du vide et il sera tentant pour tous à court terme de le remplir avec les idées simplistes de l’ADQ.
À ceux qui pensent que le projet souverainniste doit être mis en veilleuse, je pense plutôt qu’il faut s’attarder au premier mot le mot... projet. Dans les prochaines années, les citoyens ne se rallieront pas à une technicalité à une stratégie de communication, à un slogan ni à un mécanisme (un référendum, une élection référendaire...) mais bien à un projet, à des valeurs, à une histoire, à une langue, à une culture et des idées. On se met à rêver de voir le PQ, Québec Solidaire, les verts et surtout tous les nationalistes égarés à l’ADQ se réunir autour d’un vrai projet de société pour la population et par la population.
mercredi, mars 28, 2007
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